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Renault Clio IV RS Trophy, joujou extra !

En 2012, Renault venait bouleverser le segment bien établi des petites citadines vitaminées.

En effet, en passant d’une Clio 3 RS, avec son moteur essence 2.0 L de 203 ch, sa boite manuelle et son unique carrosserie 3 portes à la toute nouvelle Clio 4 RS, équipée d’un petit moteur essence 1.6 L TCe de 200 ch, uniquement disponible avec une boite de vitesse robotisée à double embrayage (EDC) et en carrosserie 5 portes, il y avait moyen de perturber les habitudes et les repères des aficionados.

Et, sur tous les forums Internet, ils s’en sont donné à cœur joie :

–          Les partisans des grosses cylindrées qui se plaignent de ce downsizing, de l’absence de caractère des moteurs compressés, du manque de sonorité des petits moteurs…

–          Les partisans des boites de vitesses manuelles qui pointent du doigt la lenteur de la boite EDC (et n’hésitant pas à en comparer la réactivité avec ce qui peut se faire chez Ferrari…)

–          Les amoureux des carrosseries 3 portes qui pestent devant la ligne et le gain de poids liés à ces deux « inutiles » portes.

De mon côté, j’avais suivi les joutes tout en me disant que Renault, avec cette Clio 4 RS, avait su être pragmatique et prendre des risques.

Car les grosses cylindrées, c’est bien… mais malheureusement, ce n’est plus dans l’air du temps. Ce n’est pas de la faute de Renault, mais c’est un simple respect des normes anti-pollution. Donc rien ne sert de tergiverser sur le sujet : les 2L atmosphériques de 200 chevaux et plus sont appelés à disparaître.

La carrosserie 3 portes, c’est vrai que c’est joli, ça dynamise une ligne, ça fait économiser du poids… mais sachant que la Clio 4 n’existe pas en 3 portes, Renault Sport n’avait guère le choix. Et puis il faut bien dire que les poignées sont joliment dissimulées et que la ligne générale de cette Clio 4 ne manque pas de dynamisme.

Quant à la boite de vitesse… écartons tout de suite la malhonnêteté intellectuelle qui pourrait nous pousser à comparer une boite de vitesse Ferrari, valant à elle seule le prix de la Clio 4 RS à notre unité EDC. Disons nous aussi que cette boite EDC est quoi qu’il arrive plus rapide que n’importe quel pilote maniant un bon vieux levier de vitesse. Reste à savoir si ce type de transmission est souhaitable ou non sur ce type de véhicule. Et là, chacun aura son opinion… de mon côté, je saluerais juste l’audace de Renault d’avoir pris le risque de proposer cette transmission sur sa petite Clio RS.

Cette introduction passée, je souhaitais me faire ma propre opinion. D’autant plus que l’essai que j’avais fait il y a quelques mois sur glace m’avait plutôt mis l’eau à la bouche.

Du coup, quand Renault me propose d’essayer la Clio 4 RS Trophy, je saute sur l’occasion.

Lundi 17h

Rendez-vous est pris à Boulogne pour récupérer la petite bombe de la marque au losange.

Première déception… elle sera blanche et pas jaune sirius.

Et cette déception m’accompagnera toute la semaine.

Car si en plein soleil, la livrée blanc nacré de ma Clio RS est splendide, la canicule et le soleil, c’était la semaine dernière. Cette semaine, c’est grisaille et pluie.

Et dans ces conditions, le blanc nacré apparaît simplement blanc… et je sais que je vais passer la semaine à nettoyer la voiture pour espérer faire 1 ou 2 photos potables.

Je fais vite fait le tour du propriétaire, c’est bon, l’échappement Akrapovič est là, les quelques petites écritures « Trophy » sont là aussi… c’est bon, on peut y aller.

Démarrage, dans un bruit rauque, mais tout en gardant un volume modéré (mes voisins apprécieront) et go… au bout de à peu près 15 mètres, premier constat, la suspension (plus raide que sur la RS) est ferme… très ferme. Bon, il faut dire que l’état de la chaussée est tout bonnement catastrophique, mais malgré tout, je ne cache pas un petit moment d’appréhension en me disant que je vais devoir vivre une semaine avec cette machine à tasser les vertèbres.

Heureusement, quelques centaines de mètres plus loin, la chaussée devient plus fréquentable et me rassure sur la possibilité de rouler au quotidien dans cette RS Trophy.

C’est parti pour un petit tour d’A86, un peu d’A6… arrivé près de Fontainebleau, des trombes d’eau… les essuie-glaces peineront à suivre la cadence, mais la voiture restera impériale sur les routes détrempées, malgré ses boudins de 18 pouces et de 20,5 cm de large accrochés aux quatre coins de la voiture.

Sur cette première journée, en conduite pépère sous la pluie, la Trophy m’aura démontré qu’elle est utilisable au quotidien (à condition de rouler sur une chaussée pas trop dégradée).

Mardi  18h

Je récupère la voiture et part en direction de Corbeil-Essonnes… la météo est toujours mauvaise, mais au moins je ne suis plus cernés par les éclairs comme la veille (j’ai donc nettement moins peur de me prendre un arbre sur le capot).

Petit détour en forêt pour voir un peu plus sérieusement les capacités d’accélération de la bête. C’est donc route détrempée que j’appuie comme une brute sur l’accélérateur… l’ESP râle légèrement, mais la voiture fini par accrocher et détale comme un lièvre. Vraiment beau travail des Michelin Pilot Super Sport qui assurent une adhérence hallucinante malgré les conditions très peu favorables. Après plusieurs tests, je doute tout de même d’arriver à accrocher les 6,6 secondes annoncées pour couvrir le 0 à 100 Km/h en effet, la poussée, franche et linéaire, ne me semble pas très violente (on se prend à rêver d’avoir des rapports un peu plus courts). Par contre, le bruit du moteur et de l’échappement à l’approche de la zone rouge est un pur régal qui vous colle le sourire.

J’en profite pour mieux cerner la différence entre le mode normal de la boite EDC et le mode sport… et sur ce point, je ne peux que féliciter le travail de Renault.

En effet, souvent, la différence entre le mode « Standard » et le mode « Sport » n’est pas énorme… à tel point que la plupart des possesseurs de sportives roulent en permanence en mode Sport qui procure un peu plus d’agrément.

Et bien sur cette Trophy, pas du tout !!!

Le mode Sport privilégie à tel point les hauts régimes qu’il en devient désagréable en conduite normal. Rouler en ville avec le mode Sport enclenché relève du pur masochisme.

Alors pourquoi féliciter Renault ?

Tout simplement parce qu’enfin, je tombe sur un mode Sport qui porte bien son nom :

–          En mode Normal, vous avez une voiture performante et polyvalente

–          En mode Sport, vous êtes prêt à en découdre… et à rouler en permanence dans le dernier quart du compte tour. Là, vous découvrez un châssis imperturbable, un train avant soudé au bitume… que je n’aurais jamais réussi à faire décrocher durant toute la semaine à écumer la banlieue parisienne.

Je repense alors aux critiques déplorant l’absence de différentiel à glissement limité… personnellement, j’ai trouvé que le châssis encaisse tellement bien les 220 ch de cette version Trophy que non, cette absence n’est pas une catastrophe.

Mercredi 9h

Cette fois ci, on va se placer en réel usage urbain du quotidien. A savoir que je vais travailler avec la Clio…

Après un chemin pour le moins classique, où la voiture passe bien tous les obstacles (bien qu’elle soit rabaissée de 20 mm par rapport à la RS « de base », les ralentisseurs passent sans frotter), me permettant de tester l’excellente ergonomie du limiteur de vitesse (la joie des zones à 30 Km/h), je constate que la Trophy fait son petit effet en arrivant au bureau.

Moi qui la trouve trop discrète (finalement, à part l’échappement, quelques écriture RS ou Trophy sur le coffre, la calandre, les baguettes latérales ou les jantes, rien ne la distingue d’une Clio 4 diesel), elle sait tout de même se faire remarquer. Je profite de ma pause déjeuner pour faire une bien peu glamour séance photo dans le parking de la société et rentre le soir tranquillement. Le keyless go, je commence à m’y faire… en 3 jours, je n’ai pas touché la clef une seule fois (enfin si, pour certaines photos où j’ai dû mettre la clef dans l’habitacle pour éviter que la voiture ne se ferme pendant le shooting).

Jeudi 18h

Après une nouvelle journée de travail, petit crochet du côté de Champ sur Marne et Noisiel pour faire quelques clichés du côté de l’usine Nestlé. Un bref passage par l’A4 et ses célèbres embouteillages me permettent de mettre en défaut la boite de vitesse… suite à une calme décélération pour sortir de l’A4, et un brusque changement d’avis accompagné d’une violente accélération, il semblerait que la boite de vitesse a été surprise et s’est retrouvé sans aucun embrayage sur le bon rapport (à quand les boites à triple embrayage ?). Mon accélération a alors été tout sauf fulgurante et je confesse une petite pointe d’autosatisfaction à l’idée d’avoir enfin réussi à piéger cette boite EDC.

Je lave brièvement la voiture car il faut la rendre demain et constate que malgré ses tout justes 4000 Km, les jantes ont déjà été repeintes… et en effet, les Michelin ne présentent pas de petit rebords permettant de protéger un minimum les jantes, qui se retrouvent alors exposées au moindre coup de trottoir.

Vendredi 17h

Voilà, l’heure de rendre la Clio a sonné.

Je fais le plein (de SP98)… et me frotte les yeux en regardant le ticket.

Le petit 1,6 L turbo, avec ses 5,9 L/100 Km annoncés en utilisation mixte m’a joyeusement englouti près de 12,5 L/100 Km !!! Alors bien entendu, j’ai été assez joueur… mais ce chiffre me laisse néanmoins assez perplexe quant à la pertinence du downsizing.

Que penser de ces 5 jours ?

La boite de vitesse est une vraie bonne surprise. Utilisable au quotidien en mode « Normal », efficace quand on arsouille en mode « Sport ». Le châssis est, comme d’habitude chez Renault, une réussite et vous pourrez aller vite, très vite, sans jamais vous faire piéger. Reste le moteur qui m’a un peu moins satisfait. J’ai trouvé ça montée en régime était un peu trop lente, donnant l’impression d’un moteur un peu creux (le comble pour un moteur Turbo). Heureusement, cette relative mollesse se rattrape passés les 4000 tours/min où la voiture sait se montrer vive et l’échappement volubile.

Loic Pontani 

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