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Portrait : Jeremy le RoadTrippeur

Aujourd’hui je tenais à vous présenter mon coup de cœur de cette rentrée 2018, une rencontre grâce à Twitter. Sur ce célèbre réseau au petit oiseau bleu on partage beaucoup, on échange, on se fait parfois insulter (le cycliste n’est pas fan de mon humour) et on rencontre des passionnés. C’est à l’occasion d’un tweet sur un Street Triple qui venait d’atteindre 50 000 kms que je suis allé lire le blog de ce passionné de voyage et pour moi ce fût une révélation. Ce motard voyage souvent loin et nous fait partager sur les pages de son blog ses expériences et ses conseils. En fait Jeremy fait ce que j’ai toujours voulu faire, avaler des kilomètres à l’autre bout de notre bonne vielle Europe au guidon de son anglaise. Son expérience de voyageur en stop l’aide évidemment à préparer au mieux ses aventures et on se régale à lire ses articles. 

 

Présentez-vous ?

Je suis Jeremy, j’ai 38 ans, et je vis dans le sud de la France. J’ai un travail de bureau tout ce qu’il y a de plus tranquille. En dehors de ça, quand je ne suis pas sur ma moto, ou sur mon blog, je suis beaucoup sur la PS4, je lis (en ce moment Sleeping Beauties de Stephen King, et L’usage du monde de Nicolas Bouvier) et j’essaie d’arrêter de fumer, car j’ai eu la mauvaise idée de reprendre après 5 ans d’abstinence. Merci / pas merci les paquets à 2,50 euros dans les Balkans !

Parlez-nous de votre passion pour le voyage ?

Enfant, j’ai eu la chance de partir en colo aux quatre coins de France, mais je n’ai pas pu voyager plus que ça en dehors des frontières. Et je n’ai jamais pu trop me le permettre dans ma vie d’adulte. Depuis 4-5 ans, ça va bien, alors je rattrape le temps perdu. Et puis j’ai régulièrement besoin de décrasser mon cerveau, de nettoyer mes yeux, recharger mes émotions, sortir de la torpeur du quotidien. Le voyage est un excellent moyen pour ça. Et comme je suis un peu drogué à l’info aussi, que le débat franco-français me pèse et que je suis un poil pessimiste sur l’avenir, j’ai besoin de débrancher et d’aller voir ailleurs comment ça se passe. « Être français » est perçu différemment selon que tu ailles en Angleterre, en Afrique du Sud ou au Japon. Ça fait du bien de se confronter aux autres pays. Je suis jamais autant heureux que quand je voyage.

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Comment est venu l’idée de créer RoadTrippeur ? Je crois que cela part d’un coup de gueule entre autres !


Effectivement. J’ai vu débarquer la mode des blogs voyages, des « influenceurs voyages » professionnels, et j’ai eu un violent mouvement de rejet. Ça se sent d’ailleurs dans mes premiers billets de blog, j’avais un ton assez agressif… Attention, si tu me lances là dessus, je peux en parler des heures. Disons, pour faire court, que je suis à la fois très idéaliste, très politisé et très critique. Prendre la parole sur internet pour te faire le relais de marques à gogo, pondre des papiers où le ciel est toujours bleu pétant (merci Photoshop), tester des hôtels à petits rideaux so cuuuute et des attractions insipides parce qu’on t’a payé pour, le tout avec un ton de Bisounours, c’est pas ma came. La frontière entre ce blogging voyage là et la communication marketing est très, trop floue pour moi. C’est pour ça que je percerai jamais, d’ailleurs ! A moins de mettre beaucoup d’eau dans mon vin… Attention, je dis pas que personne ne fait ça bien : je pense entre autres à Cash Pistache, c’est une amie, ou encore Miles and Love, qui ont un site web et des photos d’enfer.

Mais j’essaie de creuser une voie différente. C’est pas encore abouti mais j’y travaille de plus en plus dur. Disons que là où certains mettent les photos de la cascade qui tue pour te faire rêver alors que tu navigues sur leur site pendant une pause au boulot, je préfère mettre des photos du chemin qui mène à la cascade seulement, et insiste bien sur la pluie qui a transformé la terre en gadoue impraticable. Je veux laisser de la place à ton imaginaire tout en te montrant que le voyage, c’est pas aussi simple qu’un filtre Instagram.

Parlez-nous de votre passion de la moto ?

Aucun motard dans mon entourage, de près ou de loin. Nada. J’ai fait un an de cyclo au lycée, un truc de mamie qui avait fait la guerre, avec les pédales. Sur le chemin des cours, il perdait sa courroie de transmission à chaque bosse, et toujours dans le même virage. Je mettais chaque fois 1/4 d’heure à la chercher dans le fossé avant de repartir. Bref, au bout d’un an je m’en suis débarrassé, j’ai préféré faire du stop. Mais j’ai toujours eu dans un coin de la tête une petite fascination pour les motards. En voiture, je m’écartais sagement pour les laisser passer, dans la rue je me retournais devant une belle moto… sans plus y penser. Et puis, il y a 6 ans, je prends un boulot avec un collègue qui vient tous les jours en moto, et ça fait son chemin dans ma tête jusqu’au déclic. Ça avait toujours été là. Ni une ni deux je me suis inscrit au permis. J’ai eu du mal à l’avoir, mais conduire une moto a été une révélation. C’est le grand amour depuis.

Parlez-nous de vos voyages à moto ?

Les voyages moto, c’est une respiration, l’apprentissage de la solitude, le dépassement de soi, les rencontres, et la route… un personnage à part entière. J’ai commencé à vraiment voyager à moto en 2017, et j’apprends sur le tas. ¨Pour tout te dire, il s’agit de coups d’essais avant un projet énorme en 2019, que je travaille depuis que j’ai eu mon permis, en 2014. Je croise les doigts pour que ça se fasse.

Quelle est la pire expérience vécue ?

J’ai pas encore connu de grosse, grosse galère ou de menace pour ma santé / sécurité. Ce serait soit ma rencontre avec la corruption à la frontière Croatie / Bosnie, où j’avais toutes mes affaires en Bosnie mais où je pouvais plus sortir de Croatie. Soit sur mon premier road-trip, le gros coup de blues sur la fin du voyage qui fait que j’ai absolument pas profité de ma journée au lac de Bled, en Slovénie, et que j’ai décidé de rentrer à la maison alors que j’avais encore 3 jours de prévu. 1350 kilomètres en moins de 24h pour faire Vienne / Bled / Marseille…

Votre meilleur souvenir de roadtrip ?

Je reviens toujours à ce voyage en stop en Angleterre, et ce chauffeur de camion, à la fin de sa nuit de travail, 4 ou 5h du matin, qui a fait un détour de 50 kilomètres pour m’amener jusqu’à ma destination. De la discussion qu’on avait eue, de sa générosité. Je regrette d’avoir oublié son prénom. Mais il est le symbole de toute la générosité que j’ai rencontré en stop et en road-trip.

Pourquoi avoir acheté cette moto ?

Quand j’ai cherché ma première moto, j’ai essayé comme n’importe quel type sain d’esprit de faire la part des choses entre mon budget, l’esthétique, les watts envoyés par le moteur et le fait que je commençais à 34 ans. Donc moins fou fou (je me mettrais moins en danger) mais peut-être moins en forme qu’à 20 ans (je me suis mis à porter des lunettes au même moment). J’ai bavé sur une Harley Forty-Eight, une Honda Hornet (les derniers modèles, noir mat et or), ou encore un Diavel, qui venait de sortir, mais à un prix de science-fiction. Et puis j’ai vu la Street Triple R gris mat et rouge, et ça a été le coup de foudre. Ayant aucune expérience de la moto autre que l’Er6n de l’auto-école, il était évident que le critère principal pour choisir était le physique. Mais je voulais aussi la moto la plus légère possible, parce que je suis taillé comme un clou, et un moteur qui envoie un minimum. La Street s’est imposée.

Comment avez-vous trouvé votre moto ?

Très simplement. Je suis allé en concession, je l’ai essayée, j’ai fait un devis, un crédit, j’ai demandé un chèque de banque du montant qu’il fallait, et deux semaines après je repartais avec !

Comment utilisez-vous cette moto ?

Je n’ai pas de voiture, la moto est mon seul moyen de locomotion. J’ai la chance, pour le moment, de pas avoir à la prendre pour aller travailler. Donc c’est uniquement en mode loisir (aller au ciné…) plaisir et road-trips ! Mais je mets un point d’honneur à rouler toute l’année.

Comment préparez-vous vos voyages ?

Déjà, j’apprends de chaque voyage précédent, je corrige le tir à chaque fois. Quand je pars à l’autre bout du monde avec ma moitié, je regarde le moindre détail logistique pendant des heures et je couche tout sur un document texte. J’ai fait pareil pour mon premier road-trip moto. Pour le deuxième, j’ai voulu un peu plus de liberté et de spontanéité, je me suis contenté de regarder vite-fait les points d’intérêt de chaque pays, en me forçant à ne pas consulter trop de photos. Je réservais mes logements la veille ou le jour même.

Que prendre comme affaires et matériel ?

J’ai dans les tuyaux un ou deux articles là dessus, mais je vais résumer mon propos juste pour toi. En moto, il faut voyager le plus léger possible. Alors en préparant ses premiers road-trips on passe beaucoup, beaucoup trop de temps à chercher pour s’acheter des choses pour se rassurer, avec l’espoir que son voyage sera le plus beau possible. La vérité c’est que c’est pas le matériel ultra technique à 500 euros qui fait le bonheur en road-trip. Et qu’en 2018 le monde est dans l’ensemble bien domestiqué. Les seuls essentiels sont une carte bleue / du cash, et un smartphone avec un bon forfait (et une batterie externe !). Voire une assurance voyage. Le reste, ça se passe dans la tête, avec la volonté de s’ouvrir à la route et aux autres : ne pas oublier de prendre son sourire avec soi ! Le meilleur conseil que j’ai à donner c’est de pas chercher à tout maîtriser. On apprend de ses erreurs, on finit par trouver son propre rythme et son propre plaisir avec la pratique.

Quel est votre premier souvenir lié à la moto ?

Vers 8 ou 9 ans, le père d’un pote qui venait nous chercher à la sortie de l’école en Honda 500 XL 500 S. On montait un devant, un derrière lui, sans casque. Aujourd’hui il se ferait crucifier sur la place publique.

La moto qui vous faisait rêver dans votre jeunesse ?

Sans hésiter : celle de la série Tonnerre mécanique !

Que représente pour vous la moto?

Hé bien écoute, je parlerais bien de liberté, de plaisir du voyage, mais… une fois tout pesé c’est surtout que je suis pas manuel, distrait, anxieux… La moto me permet d’être à ce que je fais, dans l’instant, concentré. Elle me canalise et m’apaise.

Quels sont vos projets ? (Achats, restaurations…).

Il y a donc ce gros projet de voyage l’année prochaine (ce qui est sûr c’est qu’il y aura un road-trip) après, j’hésite. Soit essayer de faire tirer ma Street Triple – ma première moto, je le rappelle – jusqu’à 100 000 kilomètres, pour le symbole, soit en changer. J’hésite entre un Triumph Scrambler, peut-être plus adapté au voyage, et une nouvelle Street 765 – mais je suis pas 100 % convaincu par le nouveau design. Faudra que je l’essaie.

Quel est le véhicule de vos rêves ?

Une moto française, montée sur mesure, de chez Avinton… mais pour ça il faudrait que je gagne au loto. Et je joue pas au loto. Alors je dirais une Street mélangée à un Scrambler. Une Street avec une selle duo confortable, des suspats et des pneus de trail pour bourlinguer sur les petites routes ! Oh, et sinon, puisque tu fais un blog auto, j’ai un faible pour les Bentley. Je me vois bien au volant d’une New Continental GT. Mon banquier, moins…

 

Comment suivre vos aventures ?

J’ai absolument besoin, pour les projets futurs, de développer l’audience de mon Facebook Roadtrippeur, donc d’avance, un merci éternel à tous tes lecteurs qui viendront liker la page. Pour les allergiques à Facebook, je suis pas mal sur Twitter (Roadtrippeur). Sinon, s’abonner à la newsletter du site est un bon plan aussi, j’envoie un mail seulement pour dire « coucou, je viens de publier un nouvel article ».

Merci !!!

Non, merci à toi. Passer chez toi est d’autant plus flatteur que tu fais un excellent boulot sur jackfaitunblogauto.fr. Mention spéciale à Moustaches et Fourchettes, très bon esprit !

 

Pour suivre Jeremy c’est par ici : http://www.roadtrippeur.com/

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