Vous êtes ici
Accueil > AUTO > Nous avons confié la Fiesta ST à un rallyman

Nous avons confié la Fiesta ST à un rallyman

Ford today revealed further details of the sophisticated Sports Technologies that will deliver the most responsive, engaging and fun-to-drive Fiesta ST experience ever

Nous avons confié la Fiesta ST à un rallyman

Après avoir fait souffrir la petite ST Line, il est temps de passer aux choses sérieuses avec la ST. Si vous avez du mal à suivre c’est normal. La ST “tout court” c’est la nouvelle Fiesta sportive. Et contrairement à la ST Line qu’on pourrait classer dans la catégorie des “citadines dynamiques”, la ST elle, est clairement là pour envoyer du lourd. C’est une vraie sportive et pour la malmener je fais appel à Jean-Hug Hazard, une légende locale du rallye.

Jean-Hug Hazard, une vie de champion

Après avoir joué au pilote sur ce Rallye des Vosges, Perrine de masculin.com et votre serviteur ont pour mission de faire cette fois-ci, le copilote ou plutôt le sac de sable. Mais notre sacrifice ne sera pas vain, puisque nous avons l’honneur de découvrir la nouvelle Ford Fiesta ST. Nous aurions pu la tester nous même mais pourquoi ne pas s’adresser à un vrai pilote ?

 

Jean-Hug, c’est le genre de personnage avec qui on sait au bout de 3 minutes que ça va bien se passer et qu’on aura mille choses à raconter.

La course, il la découvre tôt, puisque son père est lui même passionné et fait courir les BMW de sa concession de Nancy. A 18 ans, c’est tout naturellement qu’il commence la compétition. Il commence surtout par casser des voitures, broyant deux fois sa première voiture, une Formule Ford. Mais le gaillard est rapide, très rapide et il gagne plusieurs épreuves dont la coupe NSU au Mans. Il est repéré et invité au Volant Antar-Filipinetti au Castellet. Alors que personne ne l’attend, il s’impose et se voit offrir une belle récompense. Il devient pilote professionnel à seulement 19 ans et est engagé par l’écurie sur une saison complète en FIAT 128. Dès lors il ne quittera plus jamais la compétition. Il sera espoir Echappement, gagnera pendant des années, et sera même titré Champion de France de Rallyes. Aujourd’hui dans la région le souvenir est toujours tenace chez les passionnés tel Jack de jackfaitunblogauto.com qui me confie : “Jan Hug c’est une légende dans la région. Quand j’étais gamin, je l’attendais au bord de la route pour voir passer la BMW M3 à fond. Le bruit était incroyable”.

Aujourd’hui Jan Hug roule pour le plaisir, il fait l’ouvreur pour rendre service, souvent avec sa fidèle copilote, il roule au Maroc tous les ans, mais surtout il est devenu commissaire de course. Son amour du rallye ne l’a jamais quitté.

Efforts, fraternité, entraide

Des accidents, Jan Hug en a eu. Des tonneaux par l’avant, des voitures broyées, une collection impressionnante de fractures, en compétition ou sur route, il n’a pas été épargné. C’est peut-être pour cela que notre pilote du jour est sensible à la sécurité. Pendant que nous ouvrons la route, quelques minutes avant le départ, il n’a qu’une obsession, assurer la sécurité des pilotes, et des spectateurs.

Depuis de nombreuses années, Jan Hug est commissaire de course et des rallyes il en a vu quelques un. Régulièrement pendant nos spéciales, il stoppe le véhicule, explique aux gens pourquoi ils sont du mauvais côté de la route, leur demande de rester derrière une barrière, ou tout simplement s’assure que tout le monde sera en place au moment du vrai départ. Un petit coucou, un petit mot à chacun des bénévoles, c’est comme ça que Jan Hug voit le rallye. C’est justement parce qu’il aime le rallye par dessus tout qu’il veille à ce que cela puisse durer, encore longtemps. En attendant c’est ces valeurs là qu’il cherche à transmettre au sein de son école des champions https://www.ecoledeschampions.net/ . Depuis 18 ans, il accueille les enfants entre 8 et 12 ans pour leur proposer des challenges sportifs ou civiques. 38 000 gamins sont passés par l’Ecole pour y découvrir goût de l’effort, fraternité et entraide.

Fiesta ST, la nouvelle référence

En nous rendant vers le départ de la spéciale, nous faisons connaissance avec la conduite du chef. Avec Perrine, qui est elle même une pilote chevronnée, nous n’étions pas très chauds à l’idée de faire les sacs de sable, après une journée de rallye forte en sensations. Pourtant, passés les premiers kilomètres nous sommes en confiance. Pendant les spéciales, Jan Hug roule très bien mais surtout très propre. Je suis monté avec pas mal de pilotes et je n’en ai jamais vu un avec une conduite aussi douce. C’est efficace, ça dérive juste comme il faut, on a de grosses vitesses de passage et pourtant, vu de la banquette arrière c’est presque confortable.

 

Alors, il en pense quoi notre champion de cette Fiesta ? A ce rythme là, on va pas tarder à le savoir. Premièrement, cette Fiesta a une vraie sonorité sportive. Des “popopo” bien rauques qui, à eux seuls méritent la signature d’un chèque à votre concessionnaire Ford le plus proche. Elle me rappelle la Focus RS que j’avais tant aimé . http://boitierrouge.com/2016/04/04/ford-focus-rs-mk3-la-limite-cest-vous/

Cette sonorité, c’est surement pas ce qui va impressionner notre pilote, qui en a vu d’autres de ce côté là. Par contre dès les premières courbes, Jan Hug salue l’équilibre de la voiture. Il est en confiance, mais n’aime pas la suspension. Qu’à celà ne tienne, dans le menu les suspattes sont paramétrables. Je règle sur “Sport”, et d’emblée le comportement se montre plus ferme, plus adaptée à nos petites activités. Mais le mieux c’est le train avant qui arrive à encaisser ce que Jan Hug lui fait subir, sans broncher. Il se montre même d’une précision quasi chirurgicale qui surprend notre nouvel ami. La direction est directe, précise également. Bien calés dans les nouveaux baquets Recaro bien dessinés, on est en train de se dire que Ford tient là une pépite.

Ce qui me faisait un peu peur c’est le passage au 3 cylindres, surtout sur une sportive. La grosse claque elle vient de là. Le 3 pattes affiche une souplesse surprenante, limitant l’usage de la boîte, tant il devient presque inutile de rétrograder. A l’autre bout du compte tour, il ne s’étouffe pas, bien au contraire dans les hauts régimes.

Jan Hug nous confie apprécier l’étagement de la boîte, la santé du moteur et la maniabilité de cette citadine survitaminée. Les 200 chevaux sont bien là.

Le revêtement se fait plus lisse, Jan Hug tente le mode “circuit”, diablement efficace mais qui pourra provoquer des coups de raquette sur les bosses. Mais sur route lisse et plane, quel bonheur !

Après une journée à son volant, en conditions de rallye, ce qui surprend Jan Hug c’est surtout les freins qui freinent encore après un tel traitement. Pour une voiture de série, surtout dans cette catégorie là c’est assez surprenant en effet. Ce qui n’est pas surprenant c’est qu’on a fait le plein deux fois dans la journée, à ce rythme là la consommation du 3 cylindres s’envole pour s’apparenter à celle d’un Airbus A380, mais personne ne roulera à ce rythme là..

Super spéciale

Pour clôturer cette belle journée, nous avons le droit de remettre une pièce dans le manège, pour un dernier tour dont on se souviendra. La super spéciale du Rallye des Vosges se déroule sur une place située sur les hauteurs de Gerardmer. Avec un parcours délimité par des virages artificiels, le parcours est particulièrement étroit, et évidemment propice au spectacle. Jan Hug prend le volant, nous montons en passagers avec Perrine Chauvin de masculin.com et nous nous posons sur la ligne de départ. Charlotte de chez Ford passe sa sa tête dans l’habitacle. Elle nous sauve encore une fois en activant en 2 secondes ce qu’on cherche depuis 10 mn, à savoir le Launch Control. Le départ est donné, et nous faisons le meilleur départ du jour. La Fiesta est projetée sur la piste comme un projectile, à l’intérieur ça rigole. Jan Hug nous gratifie d’une “balade”incroyable. Il est survolté, et décidé à nous faire plaisir. La Fiesta s’inscrit dans chaque virage au millimètre, je me dis qu’on va taper c’est évident, mais courbe après courbe, ça passe. Notre petite Ford fait le show pour le plaisir des spectateurs qui n’en attendaient pas moins de la légende locale. Les deux tours sont finis, j’ai l’impression d’avoir fait un voyage en machine à laver mais nous sortons de la voiture avec le sourire.

Dépôt de bilan

Par rapport à l’ancienne version que je connais bien, tout semble mieux. Plus efficace, plus équilibrée, tout aussi rageuse, la nouvelle ST représente une version actualisée qui ne perd rien au change.

Nous sortons de la voiture avec le sourire, mais c’est la concurrence qui fera la grimace. Largement plus efficace qu’une Polo GTI, d’un autre siècle que la DS3 Performance, plus fun qu’une Clio RS qui impose la boîte EDC, sa seule vraie concurrente pourrait être une 208 GTI aux qualités certaines. Mais cette dernière est plus sage, moins équipée et commence à accuser le poids des ans en présentation.

Si on intègre le prix dans la réflexion, la comparaison avec la concurrence vire carrément à l’humiliation. Avec un tarif compris entre 23 200 et 25 200 euros suivant les configurations, la messe est dite, la cabane est tombée sur le chien, la match est plié, les carottes sont cuites, la Fiesta ST est la sportive de l’année.

 

Niko Laperruque 

Laisser un commentaire

Top