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Loic et sa BMW M6. Episode 2

La suite des aventures de Loic et sa BMW M6.

 

Je vous ai déjà parlé de ma M6 E64 (cabriolet), mais je n’ai pas raconté toute l’histoire.

Souvenez-vous, en 2015, j’achetais une M6 E64 de 2007 avec 30.000 Km et d’origine française.

Quelques petits accrocs sur la peinture (pare-chocs arrière), une sellerie (moche) pas en très bon état.

Mais un bon prix.

 

Ha, et aussi, trois propriétaires avant moi.

 

Malheureusement, contrairement à ce que j’ai pu écrire dans le précédent billet, tout ne s’est pas forcément bien passé.

Quasiment dès l’achat, le module vidéo lâche. Bon ce n’est pas grave, de toutes façons, le truc ne captait pas la TNT et en 2014, un module vidéo pour les chaînes Hertzienne, c’est aussi utile qu’une capote dans un couvent (admirez la culture cinématographique).

Je ne ferais changer ce module qu’un an plus tard… quand le reste de l’autoradio aura rendu l’âme (3000 euros).

Mais cette histoire d’autoradio n’est qu’un détail (même si ce n’est déjà pas l’avis de mon banquier).

Afin de rouler avec une voiture immaculée, je vais rendre visite à un spécialiste du detailing pour un lustrage complet.

Là, avec un mesureur de peinture, le detailler m’annonce que non seulement pas mal d’éléments ont déjà été repeints, mais qu’il y a aussi eu pas mal de lustrages très agressifs et qu’à certains endroits (ailes avant), il ne reste plus énormément d’épaisseur.

Finalement, je laisse tomber le detailing, intrigué par cette révélation.

 

Je vais alors voir un garagiste pour faire repeindre le pare-chocs arrière qui présentait un éclat de peinture près de la plaque d’immatriculation. Là, le mécanicien me signale quelques défauts de fixation sur le pare-chocs avant. Et en effet, au fil des mois, les jeux entre les ailes et les pare chocs grandissent…

En bref : la pare choc avant se casse la gueule !

 

Bon, c’est le moment où je me dis qu’il faut revendre la voiture.

Je l’emmène donc chez BMW faire une remise en état complète (mon fameux autoradio et le pare-chocs avant).

 

Et là, j’avoue que je ne m’attendais pas à ça (j’aurais dû nommer l’article “Il va faire redresser son pare-chocs, ce qu’il découvre va vous étonner… cliquer pour savoir”).

Au bout d’un bon mois d’attente, le responsable atelier me convoque et me dit que pour repartir avec la voiture, il faut que je signe une décharge de responsabilité (et un chèque) car la voiture à un longeron plié et qu’elle est, selon lui, dangereuse.

 

Je fais alors appel à un expert qui trouve qu’en 2007 (la voiture avait 6 mois, et appartenait encore à son 1er propriétaire), la voiture a fait une sortie de route et a été fortement endommagée.

 

Ensuite, pendant 2 ans, se succéderont expertises et négociations amiables, assignations au tribunal, expertises contradictoires etc… Pour une affaire, qui, au bout de 2 ans, n’est toujours pas réglée.

Mais surtout, le but de ce billet est de tordre le cou à certaines phrases qu’on lit trop souvent sur les réseaux sociaux concernant les véhicules d’occasion et les risques pour l’acheteur.

 

1/ Pourquoi je n’achèterais pas ma voiture en Allemagne ? Les allemands ne sont pas plus voleurs que les français ! (remplacez allemands par belge ou italien, comme vous voulez)

VRAI, MAIS…

Alors sans parler de la moralité de telle ou telle nationalité, il faut savoir que les procédures juridiques se compliquent à chaque fois qu’on passe une frontière. Et qu’en gros, s’il y a un mort, quelqu’un ira sans doute chercher votre vendeur allemand. Mais sinon, la procédure va vite s’arrêter et aucun juge n’ira demander un mandat d’arrêt international pour votre voiture.

Donc les autres ne sont peut-être pas plus voleurs, mais par contre, vous n’avez aucun recours en cas de problème.

 

2/ Avec le contrôle technique, on voit bien si la voiture est saine.

FAUX

Ma M6 a passé 3 ou 4 contrôles techniques, 0 défaut.

Et, même si le contrôle technique est de plus en plus sévère, ils ne peuvent pas voir de défaut nécessitant un démontage. Et concrètement, dans les voitures actuelles, bardées de caches en tout genre, quasiment rien n’est visible sans démontage. Dans mon cas, un longeron plié (et éventré) n’a pas été vu, ni par les centres de contrôles techniques, ni par les différentes concessions BMW étant intervenues sur la voiture.

3/ J’achète à un pro, au moindre problème, je l’attaque pour vice caché et c’est vite vu.

FAUX

Tout d’abord, vite vu, quand on parle de justice, ça se compte en années… et pendant le temps de la procédure, vous avez une voiture que vous devez assurer, stationner, faire déplacer pour les différentes expertises etc… à titre d’exemple, tout cumulé, les frais engagés dans mon affaire sont équivalents au coût d’achat de la M6.

Mais même sur la définition de la responsabilité, votre pro va essayer de se retourner sur celui qui lui a vendu la voiture, et, sur une voiture comme la mienne avec 4 propriétaires, vous allez vous retrouver avec 10 personnes autour d’une table à se rejeter la responsabilité.

Parce que finalement, comment pouvez-vous prouver que ce n’est pas vous qui avez eu un accident ?

Et les pros qui se rejettent la balle en disant que le problème n’est pas un vice caché, mais vraiment quelque chose de dissimulé que même eux, en leur qualité de professionnel, ne pouvaient pas déceler.

 

4/ Je fais contrôler la voiture avant l’achat, comme ça je suis tranquille.

FAUX

C’est ce que j’ai fait (enfin en pratique, je n’ai pu avoir un rendez-vous en concession qu’une semaine après l’achat)… et le garagiste m’a rendu la voiture en me disant que tout allait bien et que la voiture était impeccable. Donc, ça ne vaut pas mieux que le contrôle technique.

Donc, une fois ceci dit, quels sont les conseils que je vous donnerais :

 

1/ Achetez des véhicules français et ayant toujours été immatriculés en France.

Sauf cas extrêmement rare de véhicule unique, mieux vaut attendre pour trouver l’objet de votre quête sur le territoire.

C’est simple, si vous appelez un avocat pour lui parler de problème sur un véhicule d’occasion, sa première question sera de savoir si la voiture est française. Si ce n’est pas le cas, ça limitera énormément vos possibilités de recours et en cas de problème, vous aurez tout perdu.

 

2/ Faites expertiser la voiture.

Une M6 à 30.000 Euros, ça mérite largement de dépenser 500 euros dans une vraie expertise. Tout d’abord, une recherche d’historique sera faite, qui saura vérifier la liste de tous les anciens propriétaires (et croyez-moi, on peut avoir des surprises), mais aussi qui vérifiera auprès des compagnies d’assurance si aucun sinistre n’a été déclaré. Il pourra même contacter les différentes concessions pour avoir confirmation des éléments présents dans le dossier que votre vendeur vous aura fourni.

Et puis surtout, il fera un contrôle mécanique bien plus rigoureux que tous les contrôles techniques et mécaniciens réunis.

 

3/ Exigez de rencontrer la personne dont le nom figure sur la carte grise (et éventuellement, faites une photocopie des pièces d’identité qui vous seront présentées).

En effet, pendant que je préparais ce billet, je suis tombé sur le cas d’une personne qui a acheté une voiture pour une restauration. Tous les contrôles auprès de la préfecture se sont bien passés etc… Et pour cause : le vrai propriétaire avait stocké la voiture dans une grange et s’est rendu compte de sa disparition qu’au bout de 6 mois.

Résultat : après avoir été accusé de recel (et avoir du prouvé sa bonne foi), le malheureux acheter a du restituer le véhicule (et s’asseoir sur toute forme d’indemnisation… y compris concernant l’argent qu’il avait investi pour restaurer la voiture).

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