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Les TEUF-TEUF Veteran car club de France. Rallye des ancêtres – 05 & 06 octobre 2019

 

En 1935, la Fédération Nationale des Clubs Automobiles de France (F.N.C.A.F) et l’association « Les VIEUX MACARONS » (créée en 1929 et qui regroupe les détenteurs de permis de conduire de plus de 10 ans) proposent de fonder une association réservée aux propriétaires de voitures construites avant 1906, appelée à l’origine « LES VIEUX TACOTS ». Très vite, ce nom est remplacé par « LES TEUF TEUF », jugé plus digne et respectueux de ces engins.

Ainsi naissait le premier club français de collectionneurs de voitures anciennes.

 

A l’échelle mondiale, c’est le cinquième plus vieux club automobile encore actif après le « Veteran Car Club of Great Britain » (1930), le « Veteran Car Club of South Africa » (1934), le « Vintage Sport Car Club » en Angleterre (1934) et l’« Antique Automobile Club of America» (1935). 

Certains de ses fondateurs sont considérés, à juste titre, comme d’authentiques pionniers de l’automobile : le président fondateur du club Hippolyte PANHARD, Georges BOUTON, ou encore le pilote Louis WAGNER. Aujourd’hui encore la tradition est respectée car le club compte parmi ses membres des descendants d’illustres familles de l’automobile : Clément-Bayard, La Licorne, Michelin, Vinot-Deguingand, Le Métais….

Plus de 200 voitures sont affiliées à ce club pour une centaine de membres en France et à l’étranger (britanniques, belges, néerlandais, allemands, suisses, américains). Forts de ce riche passé, les membres du Club des Teuf-Teuf œuvrent pour la préservation de la voiture ancienne. Ils font vivre ce patrimoine au travers de nombreuses manifestations. Ils ont aussi pour mission de défendre les collectionneurs en étant membre fondateur de la Fédération Française des Véhicules d’Epoque (FFVE-membre N°1) et de la FIVA (Fédération Internationale des Véhicules Anciens).

Le club est composé de deux sections : les Ancêtres (des origines à fin 1905) et Vétérans (de 1906 à 1918) puis les 18-32 qui correspondent à la naissance de l’automobile moderne.

Chaque année, trois principales sorties sont organisées : le Rallye de Printemps, le Paris-Rouen et le Rallye des Ancêtres. A cela s’ajoute bien évidemment d’autres sorties régionales et événements spécifiques (salons, musées…). Tous les deux ans, des équipages interclubs se regroupent lors de la célèbre course de voitures anciennes Londres-Brighton, fondée en 1896 et longue de 87 kilomètres.

 

 

Si le Paris-Rouen est la plus ancienne compétition automobile au monde (1894), le Rallye des Ancêtres existe quant à lui depuis 1990. Se déroulant à l’origine dans le département des Hauts de Seine (berceau de l’industrie automobile française), ce rallye réunit pour la première fois des vélos et des automobiles en même temps. C’est ainsi que des Grands-Bi, Michaux ou autres engins étranges roulaient avec des De Dion Bouton, Darracq, Renault et parfois même des voitures Hippomobiles. Devant la difficulté de l’organisation d’une telle manifestation en milieu urbain, il a été décidé de déplacer le rallye à Compiègne (Oise – 60) à partir d’octobre 2003.

 

Rappelons que le palais de Compiègne est l’écrin du Musée National de la Voiture (1927) qui abrite des pièces uniques comme le deuxième prototype Panhard de 1890, le quadricycle à vapeur du marquis De Dion de 1890, et la « Jamais Contente » premier véhicule au monde à avoir atteint les 100Km/h en 1899.  

 

Ce Rallye des Ancêtres est organisé en collaboration avec le GAVAP (Groupement des Amateurs de Véhicules Anciens de Picardie crée en 1972 – Affilié FFVE n°35) pour le choix du parcours et de l’accompagnement logistique. Chaque année le parcours est modifié pour éviter la monotonie.

Pour cette édition 2019, qui se déroule comme d’habitude sur un week-end complet début octobre, 55 équipages sont présents au départ. Neuf équipages dans le groupe des « doyennes », c’est-à-dire avant 1900. Parmi ces plus anciennes, une PEUGEOT de 1895 (vis-à-vis 2 cylindres 3 3/4 HP). Egalement une PANHARD & LEVASSOR de 1897 (2 cylindres 4 HP), une PEUGEOT type 14 de 1897 (2 cylindres – 4HP), une DE DION BOUTON Trike de 1898 (1 cylindre 1 ¾ HP), une DECAUVILLE de 1899 (vis-à-vis 2 cylindres 3 3/4 HP), une RENAULT type C de 1900 (1 cylindre 3.5 HP).

 

Pour les « plus récentes », on trouve entre autres une DARRACQ de 1901 (5 HP), une ADLER de 1901 (vis-à-vis 1 cylindre 4 ½ HP), une STIRLING-CLEMENT de 1901 (1 cylindre), une RICHARD BRASIER de 1902 (2 cylindre 10 HP, tonneau), une CADILLAC de 1904 (1 cylindre 7.5 HP, tonneau), une OLDSMOBILE de 1903 type N (1 cylindre 5HP), une ROCHET-SCHNEIDER  de 1904 série 2500 (4 cylindres 22HP), une ALCYON de 1905 Torpédo (1 cylindre 6 ½ HP), une DE DION BOUTON type ABL double Phaëton de 1905, une CORRE type F de 1905 (1 cylindre 8HP)…

J’assiste à cette manifestation le dimanche et c’est par une fine pluie persistante que commence la journée. Le jour est à peine levé que les premiers participants arrivent par l’avenue pavée qui mène au parvis du château impérial de Compiègne. Le bruit si caractéristique des moteurs de ces ancêtres rompt le silence matinal de ce bel endroit. Haut-lieu de la vie de cour et de l’exercice du pouvoir, ce château, entouré de 14 000 hectares de forêt, fût bâti par Louis XV et Louis XVI puis réaménagé sous Napoléon 1er et ensuite Napoléon III. C’est l’une des trois plus importantes résidences royales et impériales françaises, aux côtés de Versailles et Fontainebleau. Bien avant cela, il existait déjà des palais à Compiègne dont le plus ancien date du Vième siècle, sous le du règne de Clovis 1er.

Revenons à notre rallye ; tout ce petit monde s’organise et le départ est sur le point d’être donné. Je suis accompagné de Bertrand Pierre, photo-reporter chez News d’Anciennes que j’ai convié pour l’occasion. Avec les véhicules accompagnateurs du GAVAP (Panhard, Austin Healey, 2CV…), nous partons quelques minutes avant le convoi pour nous placer à des endroits stratégiques, soit pour assurer la sécurité dans les ronds-points, soit pour ma part pour trouver un joli spot pour les photos. Nous nous déplaçons à travers le convoi avec ma Triumph Spitfire de 1976 qui fait figure de jeunette à côté de ces ancêtres. La pluie redouble mais cela n’entache en rien la motivation des participants. A l’aide de leur road-book, les équipages filent à bon train vers le château de Pierrefonds en passant par des petites routes atypiques et par les grandes allées de la forêt domaniale de Compiègne. La nature nous offre des points de vues superbes ; mélanges de couleurs automnales en sous-bois et légère brume qui remonte de la route. C’est assez poétique mais en réalité, on se fait quand même rincer par une pluie battante.

Sur les 20 kilomètres qui séparent Compiègne de Pierrefonds, il arrive que quelques ancêtres se retrouvent sur le bas-côté à cause de pannes mécaniques. Mais rien de grave, les équipages prennent tout ça avec un très grand sourire ; ils sont au milieu de nulle part, il pleut et sont trempés mais ils sont heureux de rouler. C’est ça la passion et leur joie nous motive à continuer le parcours avec eux. La mécanique de ces ancêtres étant relativement simple et minimaliste, quasi tous repartent par la route après quelques minutes de réparation. Conduire ces véhicules et les entretenir n’en reste pas moins complexe. Par exemple, pas de compteur kilométrique sur le « tableau de bord » mais juste une montre à gousset pour estimer le temps de roulage et éviter ainsi de tomber en panne d’essence. A l’époque, on roulait au temps passé sur la route. Certains n’ont même pas de volant mais une sorte de levier pour guider leur engin… nous sommes vraiment à l’origine de l’automobile, très proches des voitures hippomobiles tractées par des chevaux.

 

Nous nous postons à différents endroits du parcours pour prendre nos photos. Il est assez facile de remonter le convoi sans même dépasser les limitations de vitesses autorisées ; ces « petits bolides » ne craignent pas les excès de vitesse. Le convoi s’étale tout de même sur plusieurs kilomètres et on assiste à de jolis dépassement entre concurrents. Nous arrivons ensuite au Domaine des Thermes à Pierrefonds, au pied du château féodal qui surplombe ce charmant village. Ce château a été construit à la fin du XIV siècle par le duc Louis d’Orléans. Démantelé au XVII, il se trouve à l’état de ruines lorsque Napoléon III décide d’en confier la reconstruction en 1857 à l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. Ce dernier met en pratique ses conceptions architecturales pour en faire un château idéal tel qu’il aurait existé au Moyen Âge et y entreprit d’importants travaux de décoration et de création de mobilier. L’architecte y mêle plusieurs styles : Gothique, Renaissance et même Art nouveau se conjuguent dans les différentes parties de la forteresse. Le style de ce château est unique et mérite une visite ; doubles remparts, échauguettes, meurtrières, gargouilles et mâchicoulis couvrent les chemins de ronde, le donjon et les huit tours. A l’intérieur, nous déambulons à travers les passerelles, portiques et galeries qui en font un vrai labyrinthe.

Lors de l’arrivée sur le domaine, les équipages partagent un généreux petit-déjeuner composé de viennoiseries/ café mais aussi charcuterie / vin rouge ; il ne faut pas de laisser abattre surtout avec ce si mauvais temps. L’organisation attend une légère accalmie et propose finalement de raccourcir le trajet du matin pour un retour à midi. Nous repartons donc sur les routes. Les chemins empruntés sont suffisamment bien choisis pour éviter de croiser des véhicules contemporains. Sans les vêtements de pluies des participants qui trahissent notre époque, nous nous serions crus au début du siècle dernier. La cadre est idéal et prenons plaisir à prendre en photo le convoi.

 

Au retour, tout le monde va se restaurer dans la salle de réception du domaine et repartira en début d’après-midi pour un autre parcours. Cette fois, ça sera sous quelques rayons de soleil. Le retour se fait dans la cour du palais impérial de Compiègne où les véhicules sont exposés pour le plaisir du public, curieux de voir ces ancêtres qui sont si loin de ce qu’ils peuvent connaître aujourd’hui.

 

Contact :

Adresse : 4 rue Colluel – 51000 Châlons-en-Champagne

Mail : CLUB-TEUF-TEUF@WANADOO.FR

Site : WWW.CLUB-TEUF-TEUF.COM

 

 

Mika Gosset 

 

 

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