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Lamborghini 350 GT, La première ronde du taureau

 

Chez JFBA, nous aimons les belles et rares choses. Nous vous présentons ce modèle qui fût la pierre angulaire de la marque légendaire de Sant’Agata Bolognese. 

Au début des années 60, très insatisfait de ses Ferrari, Ferrucio Lamborghini décide de construire ses propres voitures de sport. Depuis la naissance de la marque, les premiers modèles sortis des usines n’ont pas marqué les esprits dû au fait de leur faible diffusion et de leur absence d’engagement sportif. La Lamborghini 350 GT deviendra le premier maillon d’une aventure nouvelle dans la production de voitures de sport.

ÉLÉGANCE ET STYLE À L’ITALIENNE

Le 29 octobre1963 au Salon de Turin, la toute jeune marque automobile connue, entre autre jusqu’alors pour ses tracteurs, ne passe pas inaperçue. Le prototype baptisé 350 GTV, pour « Gran Turismo Veloce », du riche industriel italien qui a investit une grande partie de sa fortune dans ce projet, se pose en rival direct de Ferrari.

Au-delà de la rapidité avec laquelle cette petite équipe constituée par un patron qui n’avait jamais construit d’automobile est parvenu à un résultat (moins de douze mois depuis le premier coup de crayon), c’est la qualité du résultat qui frappe les esprits et inquiète le voisin au cheval cabré. La carrosserie de ce coupé sportif nouvelle génération est signé Francesco Scaglione, ex-styliste de chez Bertone et ses lignes modernes, dynamiques et fluides se caractérisent par des phares escamotables et un pavillon très vitré qui illumine un original habitacle de type 2+1. Mais malgré tout ce battage médiatique, Ferrucio n’aime pas la GTV, il n’est pas satisfait. Il estime sa voiture bourrée de défauts. En premier lieu, il trouve sa ligne trop novatrice. Seuls Jaguar et Chevrolet avec la Corvette, s’étaient lancés dans de tels audaces stylistiques.

Quatre mois plus tard seulement, au Salon de Genève en mars 1964, la voiture définitive est exposée. Ce sera la 350 GT. Les lignes de la version finale ont été légèrement retouchées par Touring, célèbre pour sa technique “Supperleggera”. La carrosserie de cette première Lamborghini sportive s’étire sur 4,64 m, avec un habitacle lumineux et un arrière vitré ovoïde ressemblant à une capsule spatiale. Au niveau des phares, la solution des phares escamotables du prototype n’est pas retenue et finalement ce sont des phares avant ovales et débordant du capot qui viendront équiper la version définitive. On est encore loin du style agressif des prochaines productions de la marque. À l’intérieur la recette italienne faite de bois, cuir et chrome est appliquée. Dans cette 350 GT, le luxe côtoie le raffinement et le sport, une tradition sur les bolides transalpins. Le poids est de seulement 1 200 kg grâce à l’emploi d’alliage léger pour la carrosserie. Le châssis tubulaire avec quatre roues indépendantes et freins à disques est conçu par Dallara, comme les suspensions d’ailleurs. Alors que Ferrari ou Maserati utilisaient encore des trains arrière avec ressorts à lames, cette innovation technique renforce encore le côté révolutionnaire de ce modèle.

V12 BIZZARRINI, CHEF D’OEUVRE INDEMODABLE

Sous la direction de Giotto Bizzarrini, qui a quitté Ferrari depuis peu (c’est lui à qui l’on doit la Ferrari 250 GTO), nous retrouvons sous le capot un puissant V12 de 3 464 cm3, soit 280 ch, alimenté par 6 gros carburateurs Weber 40 DCOE et une lubrification par carter sec avec refroidissement d’huile séparé. La puissance est transmise aux roues arrières via une boîte à 5 rapports ZF. Les performances sont de premier plan avec 250 km/h en pointe, tandis que le 0 à 100 est expédié seulement en 7 secondes. Valeurs très parlantes une époque où la vitesse était encore libre partout. L’anecdote veut qu’au départ, la première version du moteur développait plus de 360 ch, soit 100 de plus qu’une Ferrari 250 GT. Ferrucio Lamborghini trouvant le moteur trop puissant pour une utilisation normale, a demandé à Bizzarrini de dégonfler le moteur (sic).

Le faible nombre de voitures produites par la firme et son non-engagement en compétition limiteront le succès de la Lamborghini 350 GT. Il est établi que dans ses premières années d’existence Automobili Ferruccio Lamborghini s’efforçait de présenter des chiffres de productions plus élevés que la réalité, notamment pour convaincre et rassurer. 141 exemplaires seulement seront produits entre 1964 et 1967. Fin 1967, elle sera remplacée par la 400 GT (pour 4l de cylindrée) et fabriquée à 23 exemplaires. La marque au taureau trouvera enfin le succès au Salon de Genève de mars 1966 lors de la présentation de la 400 GT 2+2. Cette fois, les carnets de commandes se remplissent et en mars 1969 lorsque la production de la 400 GT 2+2 s’arrête, un peu plus de 220 voitures ont été livrées.

CONDUIRE UN MYHTE

Conduire une Lamborghini reste un rêve pour de nombreux passionnés. Une fois assis derrière le grand volant en bois, dans des sièges en cuirs relativement spartiates et le contact enclenché, le fabuleux V12 répond instinctivement aux premiers coups de pédale. Le bruit est à l’avenant et le feulement du double échappement chromé est rassurant. Par contre la boîte de vitesse reste très ferme et les rapports se passent un peu en force avec l’aide d’un double débrayage. La conduite sur les petites routes est un enchantement et l’impression de sécurité est renforcé par un freinage endurant, une suspension ferme. À vitesse élevée, la voiture épate par sa tenue de route et son moteur qui semble sans limites.

ACHETER UNE LAMBORGHINI 350 GT

Les anciennes Lamborghini connaissent actuellement un vif succès. Avec seulement 411 exemplaires de la 350 GT / 400 GT vendus au total, la rareté fixe les prix. Aujourd’hui, ces premiers bolides marqués du taureau doré se négocient aux alentours du million d’euros pour des modèles en très bon état et avec un historique limpide. Mais cela reste finalement très “raisonnable” et bien loin des cours vertigineux des plus rares modèles du Cavalino Rampante. Reste à en trouver une à vendre…

La remplaçante naturelle de la Lamborghini 350/400 GT se nommera Islero et ne rencontrera qu’un succès d’estime. Restant à l’ombre de la légendaire Miura, présentée à Genève en 1966 et qui permettra à la marque d’acquérir toutes ses lettres de noblesse.

 


CARACTERISTIQUES TECHNIQUES LAMBORGHINI 350-GT / 400 GT
MOTEUR
Type : 12 cylindres en V à 60°

Position : longitudinal AV
Alimentation : 6 carburateurs double-corps Weber
Cylindrée (cm
3) : 3464 / 3929
Alésage x course (mm) : 77 x 62 / 82 x 62
Puissance maxi (ch à tr/mn) : 280 / 320 à 6500
Puissance spécifique (ch/L) : 77,9 / 81,4
Couple maxi (Nm à tr/mn) : 320 / 371 à 4 800
Couple spécifique (Nm/L) : 92,4 / 94,1
TRANSMISSION : AR
Boîte de vitesses manuelle 5 rapports

POIDS
Données constructeur (kg): 1 200 / 1 500

Rapport poids/puissance (kg/ch): 4,4 / 4,7


ROUES
Freins Av-Ar (ø mm) : Disques

Pneus Av-Ar: 205 R 15
PERFORMA
Vitesse maxi (km/h): 250 / 260
0 à 100 km/h: 6,5″ / 

Interim : La série appelée Interim produite de manière non officiel, les registres recensent seulement 23 Interim equipées du 4 litres de la 400 GT en châssis acier et 3 avec le châssis aluminium donc encore plus exclusive avec un poids plume et un moteur plus puissant. Les chiffres n’étant pas confirmés par la marque l’histoire exacte de l’Interim possède encore quelques zones d’ombres qui soulignent le coté exceptionnel de cette voiture.

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