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Hughes d’ACHON, artiste peintre en Ford 1935

 

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Pour ce nouveau portrait je vous propose de faire la rencontre d’un passionné aux multiples facettes, outre une grande carrière d’architecte, Hughes s’adonne à ses deux passions, sa Ford 1935 et la peinture.
La voiture qui nous intéresse aujourd’hui est une une Ford V8/48 cabriolet type voyageur de 1935, il s’agit d’un modèle unique fabriqué dans les ateliers Paul Née à Levallois à partir du châssis et du moteur 25 ch achetés aux USA, tous les manomètres sont en français.
Cette fabrication spéciale était destinée à un concours d’élégance remporté en 1935 par la maison de haute couture “Irmone” rue du faubourg Saint Honoré à Paris.
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Pourquoi avez-vous acheté cette voiture ?
j’ai trouvé cette auto, qui avait appartenue à ma tante propriétaire d’Irmone, en 1982 abandonnée dans un garage dans un tel état de rouille que j’ai demandé à un ferrailleur de venir la chercher. Plus d’une année plus tard, je suis passé par hasard devant cette décharge, quand j’ai vu l’auto perchée sur une pile de ferraille, à moitié borgne, les portières battant au vent comme des ailes de cormoran mazouté, j’ai eu le coeur serré et je l’ai racheté au ferrailleur. C’était le début des dix années de labeur…
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Utilisez-vous cette auto au quotidien ?
Pas vraiment, mais très souvent entre mars et octobre pour des week-ends avec des amis collectionneurs et pour faire les course au marché le dimanche. Elle est maintenant bien connue dans le village.
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Quels sont vos premiers souvenirs automobiles ?
Petite madeleine…
J’avais un oncle qui exploitait une forêt, pour transporter son matériel et ramener du bois, il utilisait une camionnette JVA4 gris souris. A huit ou dix ans je l’accompagnais souvent dans ses tournées et l’odeur d’huile du moteur s’est gravé en moi à jamais. Je ne peux pas aujourd’hui sentir cette odeur d’huile chaude sans être transporté dans les bois, bringuebalé sur la banquette (sans ceinture…) aux côtés de mon oncle, la cigarette maïs coincée aux coins des lèvres.
Ensuite il y a eu la 15 de mon grand-père dans laquelle il embarquait ses chiens pour nous emmener à la chasse aux abords des étangs. Elle était tout imprégnée d’odeur de marais et de vase. A la même époque, mon jeune frère s’était abonné à Michel Vaillant, je dévorais ses BD...
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Que représente pour vous l’automobile ?
Honnêtement, pas grand-chose, je veux dire “la voiture quotidienne” est un mal nécessaire (avec tous les clichés qui vont avec).
Par contre j’ai toujours admiré le génie des premiers inventeurs de ces engins animés par un moteur, auto, train, moto, avions… toutes ces machines composées de pièces qui s’ajustent à la perfection, inventées par des hommes de génies qui avaient le goût de l’aventure, l’inventivité, la création, la technique, le style et l’esthétique. Je pense qu’il n’ont jamais été égalés, sauf aujourd’hui avec les concepts car qui permettent de retrouver du rêve et de la beauté.
La voiture de course, aussi est remarquable, elle est, bien sûr c’est souvent dit, à la voiture de série ce qu’est la haute couture au prêt à porter. En ce sens, même si elle est faite aussi pour que les retombées technologiques bénéficient aux voitures du quotidien, elle est débarrassée des problèmes de fonctionnalité pour libérer l’inventivité. Le merveilleux mariage entre la technique, les matériaux et la forme produit, quand les règles sont respectées, de la beauté pure.
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Vous êtes également peintre, présentez-nous votre oeuvre 
La peinture a toujours fait partie de ma vie et même de mon travail d’architecte qui, sans elle, n’aurait pas été complet.
Elle permet d’explorer l’espace et les formes, elle conduit par sa matérialisation à approfondir et comprendre sa propre pensée. Elle est un langage, qui comme tous les langages, permet de communiquer, de transporter des idées, et dans la recherche systématique de sa vérité, (sa rigueur, sa discipline de travail) conduit quand on y arrive à la beauté. C’est un mot peu utilisé par nos contemporains comme s’ils en avaient peur ou le trouvaient prétentieux. Ce n’est pas prétentieux de dire que l’on recherche la beauté, c’est un devoir d’artiste.
Pour me permettre cette exploration, je travaille principalement autour de la lumière, sa matérialisation, son expression. J’utilise souvent des personnages de dos pour éviter que le regard ne se focalise sur le visage, reléguant le reste du tableau au rôle du de décor. Chaque personnage de la lumière doit être le tableau lui-même et le dos du personnage, son portrait.
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Bientôt exposé à Paris, dates à venir sur le site de l’artiste.
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Crédits photos Hughes d’Achon

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