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Course de côte de Chanteloup-les-Vignes

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Dimanche 3 juin, direction le petit village de Chanteloup-les-Vignes au nord-ouest des Yvelines.

Les cinéphiles le connaissent peut-être car c’est ici qu’a été tourné le film La Haine, de Mathieu Kassovitz, à l’automne 1994. Pour les passionnés d’automobile, le village domine l’usine de Poissy dont il aura vu la construction et le développement. Née Ford en 1937, elle devient la propriété de Simca lorsque celle-ci rachète les activités du constructeur américain en France en 1954. Par un truchement compliqué avec Fiat, Chrysler rachète Simca en 1970 avant de vendre Chrysler-Europe à PSA en 1978.

Et la voiture ancienne dans tout cela ? Chanteloup-les-Vignes est tout simplement le théâtre de l’une des plus anciennes courses de côte au monde. Lancée en 1898, elle aura vu Camille Jenatzy remporter les deux premières éditions aux commandes d’une voiture électrique de sa création ! Et ce avant même l’apparition de sa Jamais Contente passée à la postérité.

C’est donc  cette épreuve que la commune commémore en ce trois juin. Plutôt qu’une course de côte chronométrée, il s’agit d’une manifestation rassemblant de très beaux engins dans une ambiance très sympathique. Et comme le soleil était au rendez-vous, ce dimanche avait des airs de fête.

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[/caption]Commençons par la plus ancienne vue sur ce rassemblement. Il ‘agit d’une voiture américaine à vapeur, une Toledo Steamer de 1901 produite par l’American Bicycle Company. Malgré son bruit de nettoyeur de sol à vapeur, elle n’était pas la moins rapide à gravir la côté ! Avec un joli panache de vapeur et un chuintement caractéristique.

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[/caption]Autre ancêtre, une Lion V4C3 produite par des cousins de la famille Peugeot. Rapidement, les deux branches se sont entendues pour se réunir.

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[/caption]Les merveilles étaient de sortie, avec pas moins de trois Hispano-Suiza, dont une hiératique H6B, carrossée par Kellner&Fils en 1925, et une H6C à la gracile carrosserie course. Gracile mais imposante !

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[/caption]Tant qu’à parler de carrossier, évoquons Henri Chapron avec lequel on pense immédiatement aux différentes variantes de DS. Mais bien avant ces modèles, il a appliqué son talent sur Delage, notamment sur cette D6-70, ainsi que sur les derniers modèles de Salmson au milieu des années 50, le champ du cygne de cette marque.

Côté Bugatti, les inévitables Type 35 et 37 étaient présentes. Mais éclipsées, pour qui savaient regarder ailleurs, par une Type 30 carrossée par Lavocat & Marsaud. Pour ma part, c’est la première fois que je voyais cette voiture et suis resté en admiration du travail réalisé autour des places arrière.

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[/caption]Il y a encore trois voitures françaises à mettre en avant. A commencer par cette rarissime et imposante Lorraine-Dietrich B3-6 type Le Mans, course que la marque a emporté en 1925 et 26. Il y a également cette Renault Suprastella de 1937, avec  son moteur huit cylindres en ligne, si loin des voitures populaires que l’on associe aujourd’hui à la marque.

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[/caption]Enfin, il y a ce spectateur venu par la route avec son torpédo Hotchkiss, un modèle AM produit entre 1923 et 25. Quel plaisir d’humer son parfum, fait d’essence, d’huile et de cuir tanné au soleil !

Les britanniques savent toujours nous présenter des objets incroyables. Laquelle mettre en avant entre une Lagonda 2.0 Supercharged Low frame chassis, produite entre 1930 et 33, et Bentley de 1935, dont la carrosserie de berline a laissé la place à cette Derby Sports Special en 1989 ? Aussi belles soient-elles, ma préférence se porte sur cette Riley ERA, dont le six cylindres de 2.0 avance des montées en régime dignes d’une moto moderne. Irrésistible ! Vous noterez d’ailleurs son train avant à roues indépendantes.

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[/caption]Pour en terminer avec les voitures, vous remarquerez rare Cord 810, une AC ACE et une Toyota 2000 GT.

Les premiers à s’être attaqués à la montée étaient les cyclecars, cette catégorie créée courant des années 10 et qui va perdurer jusque dans les années 20. Elle était défini par le poids maxi (300kg) ainsi que par la cylindrée (1100cc). Petits peut-être, bruyants à coup sûr ! Ils étaient tous là les Amilcar, Darmont, Morgan Darmont, Darmont Spécial, Sandford (une marque bien française malgré son nom) et autres Singer. D’ailleurs, je salue son sympathique propriétaire pour le bout de causette. Son quatre cylindres de 747cc tournait avec une régularité hallucinante et n’était pas le dernier à faire crépiter son échappement. Libre bien évidemment.

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[/caption]A leur côté figurait une Antony de 1925. De cette marque, sur laquelle j’ai trouvé très peu d’informations, il ne subsisterait que deux exemplaires dont celui-ci.

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[/caption]Le cyclecar Ratier me permet de faire la transition avec la catégorie moto car cette marque est en effet surtout connue pour ses deux-roues.

La catégorie n’était malheureusement pas très étoffée mais les inscrits valaient le détour. Une Rugde-Multi, modèle qui domina tant d’épreuves à son époque avec son ingénieuse transmission, proche d’une CVT, alors que ses concurrentes utilisaient encore des rapports fixes voire ne possédaient pas d’embrayage. Une belge Saroléa 24U Supersport de 500c, produite en 1929-30 seulement. Les britanniques étaient représentés par une Norton Manx et une Triumph Trident de première génération (1968-71) avec ses tambours avant et arrière.

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Texte et photos Pierre-Yves Etienney

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