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Pierre fan d’auto et de sa Mazda RX8

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Aujourd’hui rendez-vous avec Pierre l’une des plumes de News d’Anciennes et ami du blog. Pierre est un passionné d’auto qui va bientôt partir vivre outre Manche, du coup avant qu’il ne perde l’habitude de parler notre langue je lui ai demandé de nous parler de sa Mazda RX8 et de sa passion.

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En tant que blogueur auto, on est rompu à l’exercice de présenter et essayer une auto. Pourtant Jack me demande cette fois-ci un exercice un peu déroutant, vous faire découvrir MA voiture, et il faut bien reconnaitre que là, je ne suis pas le plus à mon aise. Mais bon, assez parlé de moi, parlons d’elle, cette machine qui m’a fait tant rêver, et qui maintenant m’appartient : ma Mazda RX-8.

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Tout commence en 2002, Mazda présente le prototype de la remplaçante de la RX-7 au Salon de Tokyo, un sculptural coupé « 4 portes » (disons plutôt deux fois une et demie, pour être juste) animé par la dernière version du moteur à piston rotatif, si cher aux modèles sportifs de Mazda depuis les années 60. A mes yeux, c’était clairement une voiture qui allait marquer le passage au XXIème siècle de l’industrie automobile, et presque 15 ans plus tard, elle fait toujours se retourner le passant.

Mais avant d’en parler avec nos yeux d’aujourd’hui, mettons nos lunettes « nostalgie », et retournons en 2003, date de sa commercialisation. Mazda retourne « à la conquête » de l’Occident avec une voiture à moteur Wankel, après une RX-7 FD qui avait disparu des radars depuis bien des années. Exit le turbo, Mazda revient à deux versions atmosphériques (192 et 231ch) moins polluantes que les versions précédentes, ce que l’on n’avait pas vu depuis les années 80. La puissance est en baisse par rapport aux ultimes versions de RX-7, mais la RX-8, avec ses quatre places, vise plus une clientèle orientée GT, que purement sportive. Il faut bien admettre que dans la presse de l’époque, son look, fait de courbes tendues (et surtout de petits rappels au rotor, disséminés, çà et là) détonne, à la hauteur de sa technologie ! Durant ses trois premières années de production, elle gagnera 37 récompenses, dont celle du meilleur moteur de l’année en 2003.

Cependant, malgré la hype lors de son lancement, elle souffrira d’une image de marque assez faible, surtout en Europe, combinée à une réputation de « manque de fiabilité » due à la méconnaissance des propriétaires et des concessionnaires (notamment en France). En effet, un moteur à piston rotatif est très différent d’un moteur classique, et de ce fait ne s’entretient pas de la même façon, car là ou un moteur à piston alternatif voit ses performances se dégrader de manière très progressive, un moteur Wankel fait « fusible » lorsqu’il est mal entretenu. Du coup, suite à de nombreuses casses moteur (dues également à un défaut du système de lubrification sur les premiers modèles) sa réputation s’est vue plutôt ternie sur le marché de l’occasion, sans compter sa consommation de carburant gargantuesque et donc sa pollution. C’est ce dernier point qui fera disparaitre une première fois la RX-8 du marché européen en 2008, avant qu’elle ne fasse un discret retour en 2010, dans une seconde génération qui ne percera jamais, avant son arrêt définitif en 2012.

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Malgré tout cela, le « sauveteur des espèces en voie de disparition » que je suis ne pouvait qu’être attiré par une telle machine. Une mécanique unique en son genre (les autres constructeurs ont abandonné l’aventure Wankel depuis belle lurette !), dernière de son espèce jusqu’à preuve du contraire (mais allez-y Mazda, produisez le SkyActiv-R, et faites atterrir la RX-Vision sur nos routes, je ne demande que cela), peu appréciée du grand public, en un mot comme en cent, tout ce qui peut m’attirer dans une voiture !

Montons donc à bord de « notre modèle d’essai », une RX-8  231 Winning Blue de 2005. Les sièges baquets, chauffants s’il vous plait, sont enveloppants et offrent un maintien largement suffisant pour un usage normal, voire sportif, mais sont toutefois un peu juste en cas de sortie circuit. Contact, le bloc instrument s’éclaire, et le compte-tours, en plein milieu (intégrant un compteur de vitesse numérique) vous gratifie de sa zone rouge démarrant à 8500 tours/minutes. Au ralenti, on est surpris par l’absence de vibrations, et l’insonorisation vous ferait presque croire que le moteur ne tourne pas, tellement le bruit est discret.

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Dès les premières secondes, on est surpris par la réactivité du moteur, certes, il est accouplé à un accélérateur électronique, mais la moindre sollicitation de la pédale est instantanément transmise aux éléments mécaniques, bien moins nombreux que sur un moteur « normal », le tout sans à-coups, encore une fois. La direction quant à elle surprend. En effet, l’assistance est électrique, mais on a droit à un véritable « toucher de route », là où la plupart des directions du même type vous offrait le droit de tourner un marshmallow complètement décorrélé du bitume à l’époque. Elle est donc informative, mais également très directe, vous permettant de vous placer au millimètre.

C’est parti pour un petit périple en campagne, histoire de profiter des routes sinueuses de la vallée de Seine (et oui, même si c’est ma voiture de tous les jours, je me contrains à un véritable essai routier, au prix d’un énorme pour me convaincre de l’intérêt de la chose d’environ…. une demi-seconde). « Schtroumpfette » (c’est son petit nom, en même temps, vu la couleur… pas très inspiré le gars, hein) se révèle d’une agilité surprenante pour un coupé pesant 1,4 tonne sur la balance ! Il faut vraiment freiner beaucoup trop tard ou accélérer comme un cochon pour que le contrôle de stabilité devienne intrusif, sinon il vous laisse tranquille, et vous permet même quelques passages osés en virage. Il faut reconnaître que la répartition des masses (un 50/50 parfait) aide beaucoup, surtout couplée à l’amortissement MazdaSpeed qui offre un agréable compromis efficacité/confort malgré les pneus à flanc étroit. Les reprises ne sont pas stratosphériques, le moteur n’étant pas ce qu’on peut appeler coupleux, mais le chant de la mécanique quand on commence à monter le rythme est grisant.

Petit retour par l’autoroute, maintenant que la mécanique s’y prête, pour pousser un peu l’engin, et voir si l’aiguille du compte-tours va vraiment chercher ces chiffres ahurissants annoncés. Dès le premier rapport on est frappé par un phénomène assez surprenant, le moteur ne semble se libérer qu’à très haut régime (en effet, le système d’admission variable permet d’atténuer le bruit et les émissions en usage courant) s’emballant au-delà de 6000 tr/min pour aller chercher la zone rouge (qui vous gratifie d’un petit bip sonore dès que vous entrez dedans, jusqu’à ce que vous la quittiez). Et dès la troisième… vous levez le pied, dépassant déjà les vitesses autorisées par la maréchaussée. Un petit peu frustrant, j’en conviens, mais même à des allures légales, elle reste une magnifique interface homme-bitume.

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Pour autant, la RX-8 reste une auto polyvalente, elle vous gratifiera de plaisirs « malsains » au vu de ses performances, mais elle sait aussi se montrer on ne peut plus douce en mode balade, ou l’absence de vibrations reste un plus non négligeable.

Toutefois, le tableau si idyllique cache quelques défauts, et non des moindres. De l’extérieur, la sonorité qui vous ravit dans l’habitacle n’est pas si enjôleuse, malgré sa puissance. La consommation également, est une vraie plaie dans votre budget, si vous souhaitez rouler tous les jours avec, des actions Total semblent être un minimum pour espérer survivre financièrement. La mécanique ultra réactive ne vous pardonnera pas un pied trop lourd lorsque vous déconnectez les assistances. Et l’entretien vous filera de belles migraines, les professionnels maitrisant le sujet étant rares, les autres vous faisant fuir (d’expérience, j’ai vu un « mécanicien » de centre-auto chercher le moteur pour faire ses contrôle, lors d’un changement de pneus). Enfin, le manque de couple de ce moteur vous frustrera souvent, lors de petites « bourres » face à de grosses berlines allemandes, souvent diesel, vous forçant à tomber, deux, voire trois rapports histoire de conserver votre « honneur ».

La RX-8 est donc une voiture toute en compromis, qui vous offrira plus de sensations que ne l’affichent les chiffres de ses performances. Cependant, après presque 15 ans d’existence, elle fait toujours tourner les têtes et vous offrira des plaisirs encore bien actuels !

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1 Votre premier souvenir lié à l’automobile,

La Simca Horzion rouge (délavé, comme toutes les voitures rouges de cette époque) de ma mère, dans laquelle je jouais avec mes trois petites voitures fétiches (une R5 Turbo, une 935 et une… Fuego)

2 La voiture qui vous faisait rêver dans votre jeunesse?.

Pendant l’enfance, une Porsche 959, mais à l’adolescence j’ai glissé vers la Ferrari Berlinetta Boxer, qui reste aujourd’hui à mes yeux une des plus belles œuvres d’art produites par Maranello. Ceci dit, du haut de mes 31 ans, je ne suis pas sûr d’avoir encore fini ma jeunesse !

3 Que représente pour vous l’automobile?

Tout (rires) ! Plus sérieusement, dès la plus tendre enfance, je passais mon temps à démonter (et remonter quand j’étais assez doué) mes jouets, j’avais besoin de comprendre comment ça marche, et une voiture c’était un objet qui gérait des milliers d’opérations à la minute (aujourd’hui bien plus grâce à l’électronique) bref, le but ultime de ma quête de savoir. Aujourd’hui, c’est un gros pan de ma vie, entre mes jouets de grande personne et les divers évènements auxquels je participe en tant qu’acteur, spectateur ou blogueur.

4 Quels sont vos projets? ( achats, restaurations…).

Il y en a pleins ! Réussir à préserver le plus longtemps possible ma Mazda RX-8, car c’est un collector qui gagnera en notoriété avec les années. Reprendre la restauration de mon Opel Ascona C, c’est une voiture mal aimée, mais c’était ma première « ancienne » et si elle ne doit avoir qu’un seul défenseur, ce sera moi ! Acheter un roadster, quand j’aurai emménagé en Angleterre, très certainement une Mazda MX-5, car c’est une auto qui m’a toujours tenté, et qui m’a charmé à chaque fois que j’en ai conduit une. Acheter une voiture plus vieille que moi aussi, et puisque je pars là-bas, pourquoi pas une vieille anglaise. Pouvoir consacrer de plus en plus de temps à mon activité de blogueur, car j’y prends de plus en plus de plaisir. Comme tu peux le voir, la liste est longue, pourtant elle est loin d’être exhaustive.

5 Quel est la voiture de vos rêves?

Une seule ? Tu es dur ! J’aime l’Automobile au sens large, avec ses histoires, ses réussites, ses échecs, ses beautés ET ses laidrons, difficle de n’en choisir qu’une dans tout ça…. Ceci dit, j’ai un penchant pour les petits constructeurs, car ils ont toujours su faire avec les moyens du bord. Du coup, ce serait peut-être une Jensen Interceptor, ou une Iso Grifo, à moins que ce ne soit plutôt une Facel Vega HK500. Non, franchement, une seule, c’est beaucoup trop m’en demander.

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